jeudi 21 janvier 2010

Which festival will you go to in 2k10?


pic: Clichey - flickr

et donc on commence a recevoir les programmations des grands raouts estivaux. Perso je n'attends un peu que celle de Calvi, certes tres parisien mais plus petit plus intimiste, et puis la Corse bon sang la Corse ! Je serai prete a donner un peu plus de pognon a ces fieffes enfoires d'Air France juste pour aller gouter l'eau de la plage, sous la petite voie ferree, le fromage qui degouline sur le pain frotte a l'huile d'olive, la bougonnerie des Corses et les apres-midi passes a se debarrasser patiemment de ma teinte fantomatique habituelle le nez dans un bouquin plein de sable et de taches diverses jusqu'a ce que le soleil passe derriere les rochers, a l'heure ou les basses vont commencer a monter.

et donc Coachella vient de sortir sa prog aussi et la c'est carnaval : Guetta (et son homme de l'ombre), Benny Benassi, Sly and the Family Stone (wo yo yo), (La putain de) La Roux, Faith No more, Gainsbourg (morte de trouille) et Muse (raaaa non) dans le meme bateau c'est un peu l'arche de Noe.
A propos d'arche de Noe, cet excellent pie chart du non moins excellent HRO au sujet de la frequentation hasardeuse des festivals, completement indexee sur le cours de la hype et desormais consideree comme une activite vitale a la construction de la "personal brand"de tout individu branche qui se respecte (ou pas) un minimum.

(clique dessus pour les details)

lundi 7 décembre 2009

It's Dark Without You in My Hotel Room




"It's dark, dark in my motel room
Daylight comes under the door
And shines, shines on my dirty shoes
A prayer, silence, and nothing more"

but it s been forever since i did believe in nothing
at all.
leave that to those passion pit fuckers
what god
and i had forgotten about this
the narcotic of the crowd.
this is why you come to hear music
to stop being that miserable small self
to let that thing that you supposedly were go
to just be part of a mob
synchronized by the heavy beat

mardi 24 novembre 2009

Beautiful Burnout


L'autre jour j'ai atterri dans une tornade de poussiere a Salt Lake City. C'etait juste pour 3 h, un de ces arrets Terminal - Starbucks - Hudson News pour acheter Spin ou Rolling Stones - Terminal avant de reprendre un avion, encore un decollage, encore le topo des hotesses sur la video ou tout le monde est beau et bien peigne et le pilote est une femme blonde, et ou savoir exactement quand le steward fait un clin d'oeil a la camera apres avoir degaine son sifflet en plastique rouge ne m'amuse plus des masses.

Un arret comme ca ne compte pas. Sauf quand juste avant d'atterrir on survole the Great Salt Lake qui donne son nom a la ville.
Peu de paysages aeriens me font sortir de ma torpeur : Los Angeles , gigantesque carte mere ou les autoroutes font comme ces nappes IDE bien alignees, la cicatrice a vif dans la terre rouge du Grand Canyon a cote de Las Vegas, la tete ronde et toujours enneigee du parfaitement conique Mount St Helens a Portland, la pointe herissee de NYC avec la statue de la Liberte grande comme un bonhomme Lego, les buildings de Honolulu alanguis sur la plage, l'atoll magique de Bora. Et le lac de sel de Salt Lake City.
Les photos en dessous sont tirees de Flickr, et celles qui correspondent le mieux a ce que j'ai observe, le nez colle au hublot qui chauffait lentement, au fur et a mesure que l'avion descendait.



Surement un des seuls paysages que j'ai survoles ou la plante est absente du paysage. Pas un atome de cholorphylle pour rappeler qu'on est bien sur terre.Des monts peles couleur rouille et des croutes de sel bleu petrole aux formes anguleuses, comme la pupille impassible d'un vieil ignane ride. Pas de route ou d'habitation dans cet espace hostile vide par les vents de sable


Partout, des petites touffes brulees soigneusement reparties par un maniaque de l'ordre, comme ces trucs moussus marrons sur les maquettes ferroviaires, dans des vallees parfaitement rectlignes ravinees par un rateau geant.





Et puis apparait Salt lake City, sorte de Death Star couleur sienne, parfaite, geometrique et decrepie comme un souvenir de 2153, ou une image jaunie d'un bike-movie dans lequel Peter Fonda bien dans son froc, des goggles noires sur le nez et une cigarette fine de majijuana aux levres deciderait de pratiquer la necrophilie sur l'autel d'une chapelle abandonnee.

Dans le film a moins de $100 000 qui commence a se derouler dans ma tete avec Beautiful Burnout d'Underworld en fond, il n'y a a Salt Lake City que des grands drapeaux americains effiloches qui claquent au dessus de stations service abandonnees. Les rues blanchies a la chaux sont desertes et la poussiere fait des petites volutes au ras du sol, vous savez, comme dans les western, pour annoncer qu'un type qu'on n'a pas encore vu va mal finir, c'est oblige.




Devant le package store aux barreaux degulingues, la peinture des places de parking se detache sous le soleil abrasif et ca fait des cendres blanches qui s'envolent lentement .

Une pute borgne en contre-jour machonne un megot. Elle a des jambes immenses, solides, et porte des sangles en denim delave autour de ses bras et de ses seins octogonaux, sorte de Lara Croft premiere version, mais sale et bourree. L'autre oeil, violemment maquille avec du Liner de supermarche, recompte des billets dechires, et un couteau qui brille dans la poussiere pend a une laniere fermement accrochee autour de sa cuisse. Elle a la force masculine de Tank Girl, le charisme bourrin de Juliette Lewis et le langage d'un truck driver de l'Arizona. Elle vit derriere le rideau en fer d'un des box de storage loues a l'annee qu'elle squatte et ou il fait 50 deg C a partir de mars.

Sun goes down, temperature drops
Beautiful burnout, beautiful burnout
Bird
Chrome

La nuit, des mecs passent en trombe devant le magasin, sans un mot, sans musique. Ils ont active la fermeture centralisee depuis downtown, leur regard suit furtivement le bas-cote, a la recherche de quelques scenes violentes, et de filles comme elle dormant a coté d'une pompe abandonnee.


Pics: Flickr. Thanks to Tukapel, Vision Aerie and Unkle Kick Kick

mercredi 28 octobre 2009

Where the Wild Things Are


Le point B sur la carte, la haut a 4000 bornes d Atlanta c est Sandpoint, Idaho, un coin qu' un amateur d'euphemismes pourrait caracteriser de difficile d'acces et ou l'on m a envoyee voir si......
L 'Idaho c est l'etat aux millions d'hectares de foret qui occupe a peine 2 pages dans le Lonely Planet. C'est aussi des paysages de montagne a faire palir un Tyrolien et une lumiere surnaturelle qui fait penser a ces images d'aurores boreales. 3 villes moyennes a tout casser, Boise, Coeur d'Alene - un bled avec un nom typiquement sorti de l'imagination d un quebecois egare, qui a l reputation sulfureuse d'etre un foyer neo-nazi- et Sandpoint, ma destination finale, terminus du train et meme de tout d'ailleurs.


A l'Est, Spokane, la derniere ville de l'etat de Washington, et passage oblige pour atteindre les bleds de l'Idaho ou prendre ces petits avions qui vont jusqu'a Helena, Montana, est ma premiere destination puisqu'une Dodge Charger rouge (comble du bon gout GTI style, mais sieges chauffants 2 temperatures donc on n'allait pas pinailler) de loc m'y attendait, prete a filer tout droit vers le nord dans un bruit de tondeuse, sur l'unique route qui coupe des hectares de montagnes, de reserves d'ours et de loups, et plus souvent qu'on ne l'aurait vraiment imagine, des hectares de rien.

Autant dire que la campagne du Pacific Northwest qu'on voit dans Drugstore Cowboy, le genre de campagne qu' on ne traverse pas vraiment en cabriolet, cheveux aux vent sous un soleil jaune clair, et bien c est exactement ca :

La-bas l'air est toujours tres humide, et que ce soit a Portland, a Seattle ou a Sandpoint, des milliards de pins noirs, drus comme des aiguilles assombrissent considerablement le paysage, dans un halo bleu marine. C'est un des seuls endroits sur terre, avec Bora Bora, ou la sensation d'isolement prend vraiment son sens.

Un gros jet Delta me jette sans menagement sur le tarmac poussiereux de Seattle Tacoma apres 5h de vol et je dechante severe quand l'hotesse ouvre la porte du 777 avec un sourire automatique. Il fait un peu moins de 0 degres C contre 30 quand j ai quitte Atlanta, et je dois me grouiller pour attraper ca:

Celui gare a cote, a destination de Portland, OR avait 2 h de retard cause d'un "engine incident" - Oui, ENGINE - et donc c'est moyennement enchantee que je coince mes genoux de travers entre mon dossier en skai qui s'effiloche et la minuscule tablette qui tient mal au dos du siege de devant. Evidemment, je n'ai qu une voisine (on est 30 la dedans), alors quand, tandis que la canette branlante s'eleve peniblement dans les airs en grincant de partout, elle a fait un signe de croix en fermant les yeux (j ai appris plus tard qu'elle etait prof de theologie), mon regard s'est fige sur une crevasse dans le skai bleu reglementaire, assez fascinee et decue de ne pas croire en quelque chose qui m'enleverait la terrible responsabilite de savoir que si je me trouvais dans ce putain de coucou a helices potentiellement foireux a ce moment-la, c'etait juste entierement de mon propre gre.
Mais une fois a 35 000 pieds, pendant que j'observe d'un oeil assoupi les champs noirs et parfaitement circulaires de l'etat de Washington, comme des 33 tours eparpilles sur la moquette de l'appartement d'un DJ, juste avant un set pour lequel il est carrement en arrache , on me sert un gobelet d une biere rousse locale completement potable et j'en oublie l'aspect vetuste de mon vaisseau de tole non ondulee.

Une fois a Spokane, il fait completement nuit, et ma voiture est l'une des seule a quitter la highway pour prendre une route locale vers le nord. Devant moi, un type fonce dans son truck couleur "camouflage", une sorte de vert fonce sur lequel on a dessine des entrelacs de branches et de feuilles avec differentes teintes de marron et de bleu noir. A l'entree d'une foret, je vois bifurquer la benne de laquelle depasse une paire de bois gigantesques, probablement un chasseur presse de rentrer depecer son butin avec bobonne. Sur le bord de la route, des yeux luisent dans les cylindres blancs de mes phares, et on m'avait prevenue : il faut rouler le pied sur le frein parce que des hordes de betes sauvages sont susceptibles de traverser la chaussee sans vraiment prevenir, par bloc de 10 bestioles ou plus.

J'apercois aussi un panneau qui pend sur une longue chaine rouillee, et qui annonce une party pour Halloween, dans ce qui semble etre un parc d'attraction abandonne. Le grand 8 auquel il manque des portions entieres luit d'un eclat mat de fer blanc, et des chariots demontes tanguent lentement dans le vide. Mickael Haneke n'aurait pas deteste.

Le lendemain matin a Sandpoint, apres une nuit dans ce qui m'a furieusement fait penser au Great Northern Hotel de Twin Peaks, 3 h de decalage horaire dans la tronche font que je mets le nez derriere les rideaux verts bouteille de ma chambre tapissee de lambris clair a 6 AM. Derriere, dans une lumiere curieuse, sorte de chien et loup inverse avec la couche bleu nuit en dessous et le violet par dessus, il y a ca :


Un mall plat qui n a pas du bouger depuis les 70's, avec un vieil airstream meme pas rouille gare devant. De l'autre cote, au carrefour avec Main street (la rue unique de Sandpoint, comme dans les western), un type a queue de cheval et sourire sardonique fait le plein de sa red Corvette, et je suis sure qu'il a un 9 mm sous son brut delave rentre dans ses santiags usees . Malgre les -5 degres ce matin-la, l'air sent le sirop d'erable gout butter pecan, le pin noueux et la consanguinite. Je fronce un sourcil et referme prudemment le rideau vert avant de regagner les profondeurs de mon lit.





Sandpoint est connue pour 3 trivia facts : Sarah Palin y est nee, c'est la ville ou a ete fondee Coldwater Creek - la marque de fringues preferee des femmes de 50+ ans a permanente courte "que sur le dessus", qui propose inlassablement les memes pulls a rennes ou a petits chats sortant d'une commode, brodes sur du gros coton rouge ou vert primaire- et c'est aussi l'un des plus grand domaine skiable des US.
Le bled a ete un moment en vogue parce que des Californiens aises desireux de se mettre au vert sans faire comme les autres avaient decide de faire de Sandpoint leur lieu de villegiature hivernal (chacun sait qu'Aspen est ultra surfait), et ont donc construit quelques pompeux chalets a plusieurs millions de dollars sur les montagnes autour. Heureusement, la distance avec la Californie, le cruel manque de magasins de luxe et l'absence complete de toute vie nocturne apres 21 h ont eu raison de leurs derniere velleites, et ils ont lache l'affaire aussi vite qu'ils s'en etaient entiches. Le bled est donc retourne en haussant les epaules a ses activites favorites, la culture de la patate, la biere rousse et le travail a l'usine de sauce salade qui emploie 80% des habitants.

Une Desoto en parfait etat dans le parking de mon hotel . Qui est le gentleman en visite qui conduit cet engin?Dale?



Au Panhandler Pies, on sert un vrai Oatmeal, des flocons d'avoine seches qui font une bouillie quand on verse de l'eau bouillante desssus, accompagnes d'un petit bol de sucre brun et de raisins secs maceres dans un alcool probablement du type goutte a pepe.

Autour de Main Street, quelques maisons bassent hebergent des Diners qui proposent des enormes patates au bacon roties au four et servies sur des anciennes pages de Guns&Ammo , des bars completement dans l esprit du One Eyed Jack's, peuples d'ours empailles la gueule grande ouverte, de petites loutres au dessus de la cheminee et de workers edentes, au visage burine et fripe comme un gibier faisandee qui secherait dans des granges battues par le vent.

On m'y a raconte comment les gens ici ne possedent pas de jardins ou de champs, mais des vallees entieres avec torrent et permis de tuer les loups et de ramasser le bois mort qui a roule dans la vallee. On m'a raconte la couleur du ciel en aout, ou l'on va en gros pull de laine cueillir des huckleberries dans la montagne, le gun dans le sac a dos.

Quitter Main Street, c'est retomber nez a nez avec la nature, et les couleurs pastels du lac Pend' Oreille sur une rive duquel Sandpoint y a une plage balayee par un vent a decorner le cousin cocu de tout le monde en ville.

lundi 28 septembre 2009

Nashville , TN



Aller a Nasville c'etait depuis longtemps dans ma liste des trucs a faire dans la vie, un peu comme aller se baigner nue dans une source chaude en Islande, aller acheter une panoplie de Gothic Lolita chez Baby The Stars Shine Bright a Tokyo comme dans Kamikaze Girls , ne pas faire de saut en parachute, et apprendre a jouer Baby One More Time a l'harmonica. Bref, Nashville, c'est l'incontournable.

A 3.5 h d'Atlanta (dans le sens du retour seulement, a l'aller les montagnes sont plus pentues et la voiture a du mal), c'est la ville des singers-songwriters qui racontent dans leur balades country leur vie morne de porte-palettes chez WalMart,la ville de ceux qui savent faire raconter l'amour, la vie et la mort a une canette de biere vide. C'est le QG de RCA, un des labels d'Elvis Presley, le bled d'adoption de stars truculentes commme Dolly Parton ou Shania Twain, et aussi la ville de Jack White qui y a sa femme et son label, Third Man Records.

et donc en arrivant la-bas je ne m'attendais pas a ca :


et oui, le Parthenon. Que dis-je, THE Parthenon, une saloperie en stuc grandeur nature construite par un mec qui avait eu la brillante idee de vouloir transformer Nasvhille en "Athenes Americaine". Il avait du se tater mais la tour de Pise, c'etait trop d'emmerdements surtout au niveau du calcul de l'angle, et la Tour Eiffel, il avait pas la notice de montage et puis y'en a deja une a Las Vegas. En y reflechissant bien quand meme, le trip antique concorde bien avec les autres bleds de Georgie a cote comme Syracuse ou Rome. Rien que ca.Il faut croire qu'il y avait des gens qui avaient du temps et du pognon a jeter entre des colonnes.

Dans le coin il y a Vanderbilt University, un grand campus classique avec ses frat houses et ses petites etudiantes en short et a ponytail qui vont prendre un cafe chez Fido, le joint alternatif anti-Starbucks local, et faire un tour chez Clothing Exchange ou Local Honey, un vintage store loge dans une jolie maison ancienne sur une rue a fond de cale.



Sinon Downtown, le quartier historique et assez minuscule de Nasville, c'est effectivement des songwriters


des motards sur leur becane Harley Davidson


et aussi la definition du kitsch, avec des petites boutiques de saletes a la pelle, qui jouent entre autre pas mal du fait que la distillerie Jack Daniel's est a 100 km, et qu'Elvis est venu dans le coin s'acheter de la gomina.
Toutes proposent des bottes pointues autour de $300 , des vestes en cuir brodees a papillons + franges + faux diamants + perles, des verres a shots a l'effigie de Keith Urban, des faux permis de conduire et un incomparable assortiment de trucs au dela du douteux, a la gloire, au choix : de Dieu, du fric ou de la race blanche comme ces plaques d'immatriculation avec le drapeau confedere, qui a une enorme connotation raciste, parce qu'il a ete la fois l'embleme des victoires des grands generaux du 19 eme et l'un des entendards du Ku Klux Klan.

Faudrait pas oublier non plus qu'il n'y a pas si longtemps, dans les annees 50 a Nasvhille, les blacks devaient utiliser des toilettes et des taxis separes, surmontes d'un panneau qui disait "colored".




Comme monuments sinon, il y a ces ricaines ultra maquillees, le genre contour des levres marron et levres violettes irisees, emballees dans du satin paillete qui ferme pas bien dans le dos et surmontees de compositions capillaires peroxydees qui defient a tout instant (et surtout apres 3 Jack & Coke) les lois de la gravite, au bras de mecs au sourire ultra brite qui vont dans des magasins de fringues western acheter des chapeaux Stetson originaux, doubles de soie et plies a la main.






Il y a aussi cette lumiere de western sur Broadway dont les bars ou on doit deposer son colt a l'entree degueulent nuits et jours de vieux emeches a bretelles bleues et a l'accent si tranchant que Brad Pitt a cote sonnerait presque comme un New Yorkais dans Inglorious Bastards , d'effluves de bacon et d'une country puissante, entetante et tetue comme un cowboy teigneux.


La nuit tout monte d un ton, le son dans la rue qui se melange en cacophonie poisseuse entre 2 bars, la couture des jupes des bimbos locales et la densite des bars remplis a 1000% de leur capacite, ou on ecoute des mecs pas degueus chanter et danser sur le bar en bois poli, moules dans leur 501 brut....


...tellement fort qu'on les entend encore de l'autre cote des montagnes, derriere la brume violette du soir qui enveloppe les Smoky Mountains, aussi epaisse qu'une sauce BBQ au miel.

lundi 21 septembre 2009

20 ans avant The Gossip....



....some girls did actually stand up (in the way of control).



Button Up by The Bloods (1981)


J ai ete happee par les paroles de ce track, un classique de No Wave New Yorkaise.10 ans avant les rrriot girls et le queercore, 20 ans avant Logo et The L Word, ces filles avaient l'air de faire un gros bruit funk & roll etrangement moderne. Y a un peu de tout la dedans on dirait, des Stones classiques , du funk saupoudre de free jazz a la Ornette (Coleman), et meme un (bon) morceau de cuisse de Beth Ditto?



Par contre leur putain de musique est introuvable de chez introuvable sur l'Internet, la BO du truc anarcho-feministe Born In Flames et une compil sur un label de jazz tout au plus.
Y a des traces d'elles sur des affiches ou on y trouve des gens aussi varies qu' Allen Ginsberg et Afrika Bambaata donc ca brouille les pistes assez bien quand meme.

J'pense qu'une fille comme Lydia Lunch serait susceptible d'avoir des vieux EP mais malheureusement je ne l'ai pas en amie sur Facebook, et elle ne semble pas gazouiller des masses.

The Bloods fait partie de ces Lost Bands a la carriere aussi fulgurante qu'ephemere, peut etre pas forcement geniaux (c'est pas parce que c est vintage que c est bien mais ca peut aussi randomly l'etre), mais y a quand meme plus d'energie et de rage la dedans que dans n'importe quel quartet feminin "c est papa qui a le bras long" a franges et a Rickenbacker indument employee.

mercredi 24 juin 2009

L'Effet Kills Cool





Parce que Magic Wand a sorti un schmilblick (qui est simplement une copie flagrante de black balloon des Kills (cf a droite dans la cassette, Black Magic le titre, ca va les gars l'inspiration), ca me fait penser qu' Alison Mosshart est quand meme une de ces filles tres speciale, completement survoltee sur scene, completement amorphe, limite stupide en Interview. Elle ou Lindsay Lohan, Andy Warhol aurait adore, les mecs d'Interview sont sur les bons rails a ce niveau-la .



A Atlanta je les ai vu dans ce shithole qui pue la PBR, au Lenny's. L endroit est tellement petit qu'en rentrant j ai bute contre un petit anglais plutot tres fringue, avec petit foulard cachemire et veste raide de crasse, sans realiser que le type en question noye dans un nuage de fumee etait Jamie Hince . Et puis j'ai entendu son accent. Il detonnait severe quand meme le mec, vieux, plus vieux que sur les photos avec Kate Moss, plus petit, moins fringuant, avec ces yeux de Droopy blase mais avec ce truc imperceptible qui evince les autres autour, l'air qui distingue les rock stars ou Johnny Depp du John Doe from Alabama.



Les Kills ca n'est rien d'autre que lui d'ailleurs. Meme si le show est porte par Alison, c'est lui le grand agitateur. Il pense, elle execute, au guichet de son fast food musical. Elle guette ses signes, attend inquiete ses doigts qui ralentissent sur le manche, elle est cette poupee de cire qui s'agite des qu'on met l'amp cord dans la prise, mais qui va s'eteindre en courant dans le bus gare en arrache dehors, alors que personne ne s'interesse tout simplement a elle, petite chose humide et un peu ridicule avec sa veste leopard elimee. Lui fait son Gainsbourg, dandy desobligeant mais race, pouilleux de la haute, et elle est la "small town girl in a lonely world" qui a quitte sa Floride pour venir rever de rock a London, ramassee dans la rue comme on ramasse Jane Birkin sur un plateau photo dans Blowup. Sauf qu'Alison, elle, a les joues bouffies de la teenager rebelle elevee aux nuggets, les cheveux sales meme quand ils sont propres, l'oeil curieux, peureux et jaloux des gens qui creent des querelles de clocher, l'air qui ne trompe personne de celle qui essaie d'en etre. Mais comme toutes les americaines, elle sait controler son image, sait tres bien comment fabriquer du cool, et a bien etudie ses classiques (le flamboyant des Stones, l'angst de Lou Reed periode Berlin, le dressing des egeries 60's, la moue de Nico et les poses de Brigitte Bardot). Curieusement, tout ce cirque ne marche pas des masses sur moi. A moins que mon sentiment de doute ne soit infonde?




Et pourtant je regarde des photos d'elle, j'essaie de la voir en concert . J'aime son energie sur scene, sa voix banale et sa facon tres baleze de remuer lentement ses cheveux en reculant sur ses talons tout pourris. Elle reste aussi une sacre representante de ce courant crado 80's aussitot mis en vente a tous les etals et lance par les models off duty, sans cervelle mais bardees de clous et de cuir vintage parce que c'est ce qu'on leur permet de recuperer a la sortie des defiles, un look qui a l'air facile tout en ne l'etant pas du tout mais qui marche tres bien en surface sur des gens plutot ternes, qu'il transforme de suite en rockeuse a voix rauque a la "j'ai vu plus d un fond de canape backstage", leur donnant tout de suite une histoire, un sentiment de profondeur culturelle et un but dans la vie. Tout ca dans une paire de boots dorees designees un lendemain de cuite par Slimane et un slim en similicuir, qu'on ne me parle pas de remettre en question le pouvoir de la mode.